Gap : une « famille brisée » après un accident de la route


Il y a sept mois, le 26 mai 2018, la vie d’une famille a basculé.

Il était aux alentours de 23 heures à Saint-Firmin (Hautes-Alpes) lorsqu’une voiture a effectué une sortie de route avant de percuter violemment un arbre. Si le conducteur, un jeune homme de 20 ans, s’en sort presque indemne, son ami de 16 ans, Johan, est décédé. “Il a reconnu avoir conduit à une vitesse excessive après avoir bu plusieurs whiskies”, avait déclaré le parquet de Gap peu de temps après l’accident, sans savoir encore qu’il avait aussi fumé du cannabis.

“Johan vient d’avoir un accident”

Ce jeudi 13 décembre, le conducteur était convoqué devant les magistrats pour répondre de ses actes. À cette occasion, la mère de Johan est revenue sur cette dramatique soirée dont elle se souvient “très bien”. Elle a expliqué que son fils était de retour de Marseille pour passer le week-end chez ses parents. “On se retrouve, on mange ensemble, il y a les cousins, faut faire les lessives”, a confié la maman.

Le lendemain, toute la famille doit se rendre chez les grands-parents pour un déjeuner. Mais avant cela, il y a la soirée et, surtout, la finale de la ligue des Champions entre le Real Madrid et Liverpool. Johan décide donc de se rendre au snack non loin de chez ses parents pour aller voir le match avec “des copains”.

“Pas de souci, je suis là à 23 h 30″, m’a-t-il dit. J’ai toujours eu confiance en mes enfants, ils ont toujours respecté les horaires”, a raconté la mère. Cette dernière part se coucher, sans savoir qu’elle ne reverra jamais son fils. En effet, elle est réveillée par un coup de téléphone : “Il a sonné, je ne sais pas à quelle heure. C’était un ami pompier. Il m’a dit “Johan vient d’avoir un accident”, il y a un hélicoptère.”

L’exploitant du snack poursuivi

Devant le tribunal, le conducteur qui est un jeune entrepreneur comparaissait pour “homicide involontaire aggravé” par deux circonstances : l’alcool et la consommation de produits stupéfiants. Pour cela, il encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende ainsi que l’annulation de son permis de conduire.

L’exploitant du snack dans lequel les deux jeunes hommes ont passé la soirée est également poursuivi pour complicité d’homicide involontaire. En effet, il lui est reproché d’avoir servi de l’alcool au conducteur de la voiture et il encourt la même peine que ce dernier.

Alcool et stupéfiants : un cocktail dangereux

La conduite est une pratique qui nécessite une grande attention. Or, l’alcool et les produits stupéfiants diminuent cette attention, mais aussi les réflexes et le champ de vision. Après avoir bu ou consommé ces produits, il est donc impératif de ne pas prendre le volant.

Au niveau des sanctions, la conduite en état d’ivresse est automatiquement pénalisée par un retrait de 6 points sur le permis de conduire et une amende forfaitaire de 135 euros.

Au-delà de 0,8 gramme par litre de sang, l’infraction devient un délit. Dans ce cas, le conducteur devra alors répondre de ses actes devant un tribunal correctionnel. La sanction peut aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 4500 euros d’amende. Pour rappel, le taux maximum d’alcool autorisé par la loi est de 0,5 gramme d’alcool par litre de sang et de 0,2 pour les jeunes conducteurs.

À la différence de l’alcool, il n’existe aucune tolérance de la part de la loi française en ce qui concerne la consommation de produits stupéfiants au volant. Par conséquent, les sanctions passent directement au niveau du délit. Un conducteur contrôlé positif au cannabis ou à toute autre drogue perd donc immédiatement 6 points sur son permis de conduire.

Il risque également une amende de 4500 euros, une peine d’emprisonnement de deux ans et l’immobilisation de son véhicule. Pire, une peine allant jusqu’à 3 ans de suspension de permis, voire l’annulation avec interdiction de le passer durant au moins 3 ans peut être prononcée. Si le conducteur est impliqué dans un accident mortel et que son alcoolémie est positive il encourt jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

De Camille | 18/12/2018