Manuel Valls veut étendre la limitation à 80 km/h sur tout le réseau secondaire

En ce début d’année, le ministre de l’Intérieur a annoncé la bonne nouvelle : -11% de morts sur les routes pour 2013 (soit 403 vies sauvées par rapport à 2012), un niveau bas historique. Manuel Valls a donc tout naturellement présenté quelques jours après un projet de limitation de la vitesse sur les axes secondaires (80 au lieu de 90km/h), l’objectif étant de réduire la pollution automobile, et surtout d’améliorer la sécurité routière (les excès de vitesse étant la plupart du temps constatés sur les routes secondaires).

La vitesse, une des principales causes de mortalité

Les campagnes de la Sécurité Routière sensibilisant les automobilistes à la vitesse sont fréquentes : plus la vitesse est importante, plus la distance de freinage sera longue, la puissance de l’impact importante, et les conséquences irréversibles.

Un rappel en chiffres :

– En 2011, un quart des décès (soit plus de 1 000 personnes) a été causé par une vitesse excessive ou inadaptée. La même année, 14 622 condamnations pour délits de grands excès de vitesse ont été prononcées par les tribunaux.
– En 2012, la vitesse excessive était la cause principale de 26% des accidents mortels.
– A 50 km/h la distance de freinage est de 28m ; à 90 km/h elle est multipliée par 2,5 et égale à 70 mètres.

Source : securite-routiere.gouv.fr

Certains excès de vitesse peuvent faire perdre jusqu’à six points sur le permis et un stage de récupération de points est souvent nécessaire. Les plus graves constituent un délit, entraînant le retrait du permis et des sanctions pénales plus ou moins importantes (amendes, emprisonnement).

Une première expérimentation dans quelques départements

Des limitations de vitesse ont été mise en place dernièrement, notamment en ce mois de janvier. La vitesse maximale sur la rocade de Dijon a été limitée à 90 hm/h au lieu des 110 km/h autrefois autorisés. Et les 1,3 millions d’automobilistes quotidiens du périphérique parisien doivent à présent rouler à 70 km/h au maximum (au lieu des 80) : selon la mairie de Paris, le nombre d’accident devrait baisser d’environ 23% et le nombre de blessés graves de 65%.

Le CNSR (Conseil National de la Sécurité Routière) s’était en effet réunit en décembre dernier et avait préconisé en tant que mesure la plus efficace, une baisse de la limitation de vitesse, qui pourrait sauver des centaines de vies par an (plus précisément 450 sur tous le réseau et au moins 200 dans les zones dangereuses selon les experts).

Le ministre de l’Intérieur a entendu les recommandations et a déclaré vouloir tester le projet dans quelques départements (peut être une dizaine), pour constater un éventuel effet positif sur la mortalité. Une diminution de la vitesse de 10 km/h qui concernera les routes bidirectionnelles  (à deux voies) nationales, départementales et communales, actuellement limitées à 90 km/h. Un panneau qui pourrait donc disparaître dans quelques années.

Aller de l’avant en matière de sécurité routière

Même si les chiffres sont encourageants pour 2013, le ministre a toutefois demandé à redoubler d’efforts, le bilan restant « effrayant » (3 250 morts). En plus de la vitesse limitée et contrôlée il faut continuer les actions qui ont prouver leur efficacité contre la mortalité sur les routes françaises : une communication toujours aussi forte, des technologies embarquées (boîte noire, éthylotests anti-démarrage), la modernisation et l’augmentation du nombre de radars… L’objectif : moins de 2 000 morts pour 2020. « Si c’est efficace, comment se priver d’outils qui permettent de sauver des vies et des blessés ? » a déclaré le ministre.

Cependant, les automobilistes semblent ne pas être d’accord pour ralentir sur les routes secondaires et les associations d’automobilistes clament que l’argument lié à la sécurité routière n’est pas fondé, les accidents mortels se produisant souvent avec une vitesse largement supérieure à 80 km/h. Pour lutter contre la mortalité, ils proposent plutôt un renouvellement du parc automobile ou d’autres moyens à trouver pour améliorer le trafic.

Camille: Camille écrit pour le web depuis plusieurs années. Très sensible à la sécurité routière et passionnée par les nouvelles technologies pour une route plus sûre, elle est toujours à l'écoute des dernières innovations et des nouvelles directives des politiques . Camille +